45 DEGRES
Dans le cadre des TPE de l'année 2009 (autour des matières Français et Économie), 45 Degrés posait la question des conséquences de la consommation de l'alcool depuis le 19ème siècle jusqu'à nos jours.
Le Dicton de Dicton – Dicton Cubique
V
DICTON CUBIQUE
Alors que le soleil se réveillait lentement, illuminant progressivement la chambre de Mirmeck, une voix à travers la porte de sa chambre tira brusquement le mythologiste de son sommeil. Dagora était venu le chercher pour lui faire visiter la Grande Imprimerie.
Quelques minutes après, Mirmeck sortait de sa chambre pour serrer la main du petit homme.
« Bonjour, cher Crazod ! commença joyeusement le Renseignant, avez-vous passé une bonne nuit ? Parfait, la journée d’aujourd’hui va être sportive : visiter l’Imprimerie n’est pas une sinécure. Loin de là, mon cher. Mais vous ne serez pas déçu du voyage, je vous l’assure ! Puisqu’il est encore tôt, je vous propose de nous rendre sur le champ au Campanile de l’Imprimerie. La lumière y sera superbe, la vue magnifique ! »
Dagora trépignait d’avance : un lever de soleil depuis le Campanile était toujours un événement un peu spécial, même pour lui qui en avait pourtant vu de nombreux. Mais avant d’assister à ce spectacle, les deux hommes devaient d’abord traverser les Etages afin de se rendre tout en bas de l’escalier du Campanile. Là, ils allaient devoir gravir les neuf cents dix neuf mille deux cents quarante huit marches de la haute tour : depuis que l’Elévateur était cassé, plus personne n’avait eu le courage d’entreprendre cette ascension éreintante, et cela incluait évidemment Dagora.
Cependant, les deux hommes furent incroyablement rapides et arrivèrent au sommet du Campanile en moins de temps qu’il n’en faut au Professeur pour créer une contrepèterie.
« C’est magnifique, Dagora ! s’exclama le jeune mythologiste. Ce panorama est une totale découverte pour moi qui demeure presque toute l’année à l’intérieure de la Bibliothèque Universitaire.
- Oui d’ailleurs, regardez par là-bas, répondit Dagora en tirant Mirmeck par sa toge de mythologiste, on peut apercevoir les tours de l’Université Encyclopédique dans la brume de la forêt. Et plus à droite, c’est la Ziggourat Sacrée qui se dresse fièrement vers le ciel. Mais vous connaissez tout cela évidemment. Laissez-moi plutôt vous montrer quelque chose de plus perturbant » Dagora, toujours accroché aux vêtements de jeune homme, entraîna celui-ci de l’autre côté de la tour. Ils faisaient face à cette immensité de verdure qu’était la Forêt des Pleureuses, mais l’on pouvait apercevoir au loin une étrange tâche noire. Fronçant les yeux, Mirmeck put distinguer une sorte de gigantesque cube noir posé au milieu de la végétation.
« Qu’est-ce que cela, Dagora ? demanda-t-il en pointant du doigt la masse sombre. Je n’ai jamais rien lu de tel dans mes livres à l’Université, et pourtant ce cube se trouve à seulement quelques kilomètres de la capitale du Royaume.
- Je savais bien que cela vous intriguerait, dit le petit homme d’un ton amusé. Et bien, vous avez sans aucun doute lu les Voyages d’Outremonde de Belacre Irkhem, cet ouvrage peu connu qui raconte différentes légendes pour le moins exotiques, voire totalement farfelues. Tout le monde a reconnu cet ouvrage comme pure poésie, vous y compris je suppose. Mais il se trouve qu’après plusieurs années d’investigation, le Bureau de Recherche de l’Imprimerie dont je fais partie a conclu que cette construction cubique n’est autre que la Cité des Egoïstes. Et comme vous le savez, ce mythe est viscéralement réfuté par le gouvernement du roi depuis la nuit de temps.
- Ce livre est une pure merveille, en effet. L’an dernier, mon Maître mythologiste nous l’a fait étudié, il nous a prévenu, comme tout bon servant du roi, que ce n’était que fantaisie. Seulement, certains détails m’avaient alors perturbé et j’avais mené à l’époque ma petite enquête sur le sujet. Je vous passe les détails fastidieux d’une telle recherche, mon cher Dagora, mais toujours est-il que mes conclusions se trouvent confortées par ce que vous me montrez aujourd’hui : Irkhem n’a pas pu inventer tout seul ces nombreux lieux mystiques qu’il décrit durant son voyage psychédélique des Voyages d’Outremonde. J’en suis persuadé désormais. Mais, êtes-vous sûr qu’il s’agît bien là de la Cité des Egoïstes, mon bon Dagora ? Je suppose que vous avez envoyé quelques éclaireurs examiner ce cube de plus près. Leurs rapports répondaient-ils aux descriptions d’Irkhem ? »
En ce moment précis, Dagora ne trépignait plus du tout. En l’espace de quelques secondes, son visage s’était fermé et le petit homme des Renseignements paraissait désormais gravement préoccupé. Dans un soupçon, il chuchota : « Aucun n’est revenu. Ou plutôt aucun des trois rôdeurs que nous avions envoyés n’est revenu avec toute sa tête. C’était comme si on leur avait aspiré leur esprit…
- Vous ne savez donc pas ce qu’il s’est passé ? rétorqua Mirmeck. Et quel est l’avis du Professeur Dicton ?
- Oh le Professeur est resté bien silencieux face à la situation ! Mais ne vous inquiétez pas, le Bureau continue son enquête. Vous, vous êtes mythologistes après tout, pas Chercheur, ces histoires ne vous concernent pas. Quant à nous redescendons, si vous le voulez bien. Nous avons encore beaucoup de choses à voir aujourd’hui ! »
Le visage de Dagora avait reprit ses couleurs et sa bonne humeur et le petit homme bondit vers la porte des escaliers. Il invita Mirmeck à redescendre vers l’Imprimerie.
MATHOU CORP
LA GENESE DE BACTERIEMAN

Monsieur Prope gagnait bien sa vie entre les photos pour produits nettoyants et les films de boules* à petit budget. Il fut célèbre, of course**, mais sa célébrité fut éphémère et comme la fleur en bouquet, elle se fana (la célébrité). Jacky Benbé et Kevin Marcel, ses managers***, tentèrent de relancer sa carrière en mettent en scène un remake du vieux et classique « MA QUE BUEN » italien. Malgré un casting alléchant, le public n’était pas au rendez-vous et ce fut un flop total. Monsieur Propre, comme beaucoup d’anciennes stars, se mit à la drogue. Et oui, hélas … Monsieur Propre se mit à sniffer ses produits nettoyants et il vite accro (et très propres, mais ça on s’en fout vu que c’est dans son nom). Lors d’un jour d’errance, le ne nouveau gué-dro**** trouva, sous un caillou, un baril de soupe radioactive au chou-fleur radioactif. Mais hélas pour lui, il tomba dedans … Pour être sauvé, il dû boire tout le contenu du baril.
* de pétanque, bien entendu
** bien sûr (c’est de l’anglais)
*** prononcez « MA-NA-GUERRE » et manager et encore moins ménager, même si Monsieur Propre était dans les produits ménagers
**** Drogué, en verlan *****
***** a l’envers, en verlan

D'après une magnifique, que dis-je, incroyable histoire d'Aurélien Chorin (et d'après ses gribouillis, aussi)
COMPRESSION
John P

Partez à la recherche de John Pidjame, la nouvelle idole de la célébrité en conserve. Cherchez les traces de son passage dans Paris et photographiez sa signature. Puis envoyez-la à johnpidjame@gmail.com.
Et n'oubliez pas : JohnP est partout !
Le Dicton de Dicton – Creation d’un Dicton
« C’était en l’an 919248 de notre ère que mon histoire et celle de l’Imprimerie commencèrent. A l’époque, je n’étais encore qu’on simple étudiant à l’Université Encyclopédique où je suivais les cours de sémantique historique et de lexicographie supérieur. Évidemment, ce cursus universitaire était un des plus longs – 70 années sans compter le temps de spécialisation supérieure – mais aussi le plus difficile de tous. En effet, à la quarante-cinquième année du programme s’effectuait un examen qui marquait un changement majeur dans la pédagogie de l’Université puisque chaque étudiant devait répondre à une problématique sémantique et lexicographique en utilisant toute la technique de ces cours passionnant en l’espace de huit mois. Le résultat de ce concours était ensuite censé orienter la thèse générale et le parcours de chacun d’entre nous. »
Le Professeur Dicton qui jusque là était resté assis dans large fauteuil se leva et commença à faire les cent pas dans son bureau. Les murs jusqu’alors sombres, qui plongeaient toute la pièce dans une obscurité envoûtante depuis l’arrive de Mirmeck, s’illuminèrent peu à peu et des images mouvantes vinrent illustrer les propos du Professeur. Mirmeck s’émerveillait devant le spectacle qui se déroulait devant lui tout en écoutant Dicton continuer son récit.
« Le choix du sujet n’était pas libre, bien sûr. Chacun d’entre nous devait choisir à l’aveugle une capsule dans laquelle se trouvait notre thème de recherche ainsi que quelques conseils et les instructions élémentaires. Ce tirage au sort se déroulait lors de la Grande Cérémonie Sémantique qui avait lieu tous les ans et réunissait tous les étudiants, savants et professeurs du milieu. Lorsque ce fut mon tour, j’attrapai ma capsule et découvrit mon sujet : le paroxysme de l’inutilité. Vous imaginez, mon cher Mirmeck, mon ébahissement devant cette tâche quasiment impossible à résoudre : je devais créer une production sémantique inutilisable dans n’importe quelle situation car inadéquate à tout propos, quel qu’il soit ! Il va de soi que j’aurais préféré tomber sur ce que mes compères de l’Université avaient eu la chance d’obtenir comme L’idée du général ou encore Déclinaisons, solution. Bien entendu j’ai dû plier aux règles de ce concours lexicographique et c’est ainsi que débutèrent mes huit mois de travail.
Cependant, un problème se posa rapidement lors de mes recherches : pour réaliser mon projet, je me devais d’acquérir toutes les connaissances du monde, savoir ce qui était utile afin de créer quelque chose de totalement inutile au monde. Je partis donc en quête de cultures et de sciences multiples tout autour du monde. Afin de stocker toute cette précieuse instruction, je décidai d’aménager un lieu à haute teneur intellectuelle et, grâce aux bourses de l’Université Encyclopédique, je bâtis les fondements de l’Imprimerie, bien qu’elle fût encore très différente de ce qu’elle est aujourd’hui. Je rangeai de nombreux livres, de multiples encyclopédies ainsi que l’ensemble des Recueils de Savoir que j’ai moi-même rédigés et que vous connaissez sans aucun doute, jeune homme. En quelques mois, j’avais accumulé plus de connaissances que les plus éminents chercheurs du Laboratoire Intellectuel en une vie entière. Et après mon très dense tour du monde, je décidai de m’installer définitivement dans la désormais Grande Imprimerie afin de me consacrer entièrement à mon thème de recherche. Il ne me restait plus que deux courts mois pour répondre à mon improbable sujet du paroxysme de l’inutilité. »
Les quatre murs du bureau étaient emplis d’images du monde entier où le Professeur s’était rendu dans sa quête intellectuelle. Mirmeck pouvait apercevoir le Grand Temple de Tamalo, la Tour de Schifen et même les Manufactures de Ledinger. La silhouette du Professeur voletait d’un mur à l’autre, d’image en image, tout en parlant, comme possédé par son histoire fabuleuse. Il était tellement plongé dans ses souvenirs qu’il en avait presque oublié le jeune homme assis à son bureau.
« Il ne me restait plus que quelques jours avant la fin de l’épreuve et me longues recherches n’avaient porté aucun fruit. Je Partis me réfugier dans ce bureau, où les murs étaient alors agités par les remous de la connaissance. Les images apparaissaient et disparaissaient à toute vitesse, virevoltaient de murs en murs et étaient accompagnées d’ambiances sonores, de citations prononcées dans différents dialectes plus ou moins compliqués mais aussi de senteurs et de sensations. Cette salle vivait réellement et ses vibrations me firent entrer dans une sorte de transe créatrice. Lorsque je fus réveillé, je constatai que j’avais écrit trois mots sur une feuille. Trois mots que m’ont permis de passe l’examen de sémantique lexicographique haut la main et de terminer mon cursus à l’Université. Trois mots qui firent de moi le Professeur Dicton. Trois simples mots. Vous les connaissez, n’est-ce pas mon cher Mirmeck ? Ce fut mon premier dicton : Qui Pousse Mousse !
Lors de la remise de nos travaux, huit mois après la Grande Cérémonie, mon passage fit grande impression : ce dicton était totalement inutile, il atteignait à proprement parler le paroxysme de l’inutilité. J’obtins mon interdiplôme de sémantique et de lexicographie sans aucun souci. Je vous grâce de la fin de mon cursus durant lequel je n’ai eu de cesse de renforcer mon image de Professeur Dicton.
Le paradoxe de cette histoire est que j’ai créé quelque chose censé être inutile aux yeux de tous et qui, pourtant, m’a énormément servi et sans lequel je n’aurais pas la notoriété dans je jouis aujourd’hui. Amusant n’est-ce pas ? »
Mirmeck était entièrement absorbé par le spectacle auquel il assistait et fut surpris par la question du Professeur. « Mais Professeur, pourquoi me racontez-vous tout cela ? Pour être honnête, je ne vois pas où vous voulez en venir… » demanda le jeune mythologiste alors que Dicton retournait s’asseoir à son bureau. Il venait de terminer son récit et les murs perdirent soudainement toute vie, retournant à leur ténèbre initiale. Si quelques instants auparavant, le vieil homme paraissait comme transporté par son histoire, il paraissait désormais las et fatigué.
« Eh bien, figurez-vous, mon cher Mirmeck, que ne crée plus. J’ai absorbé toutes les connaissances de la planète, je connais tout, absolument tout et pourtant me revoilà comme à mon entré à L’université Encyclopédique, il y a de nombreuses années de cela. La savoir en quelque sorte tué, Crazod … » Il parlait d’un ton amer et nostalgique. « Mais voyez-vous, je ne suis pas naïf au point de croire que mon talent de sémantiste s’est envolé d’un seul coup. Non, quelqu’un doit être derrière ce mystère. Oui, il doit bien y avoir un responsable.
- Sûrement, mais je suis un mythologiste pas un enquêteur, Professeurs. Qu’attendez-vous de moi ?
- Oh mais je suis bien au courant des histoires qui courent à votre sujet dans toute l’Université. Que croyez-vous, Mirmeck ? Que vous êtes capable de camoufler cette géniale intuition aux plus hautes personnalités du royaume ? Et puis, votre maître m’a assuré que m’aideriez à trouver la réponse à ce problème. C’est pour cela que vous êtes ici aujourd’hui : vous devez rendre à ces murs leurs vivacité d’antan, mon cher Crazod Mirmeck. »
Le jeune homme n’en croyait pas ses oreilles : le grand Dicton se trouvait face à un mur et il faisait appel à lui, le jeune et débutant Mirmeck, pour l’aider à le faire tomber. Et pourquoi l’avait-il choisi ? Parce qu’il eu vent de ses conclusions au rôle primordiale dans le mythe des Kolears ainsi que de son intervention essentielle dans l’affaire Rödler. Tout cela prenait sens dans son esprit agile et il comprit qu’il devait aider Dicton, coûte que coûte. Il se leva et tendit sa main au Professeur.
Le grand sémantiste barbu lui sourit et lui serra la main énergiquement, comme si Mirmeck venait de le sauver d’une mort certaine : « Merci mon bon Mirmeck, merci d’accepter cette tâche ! Zehn Dagora aux Renseignements vous a préparé un dossier complet sur l’affaire. Vous pouvez demeurer à l’Imprimerie autant de temps que vous le souhaitez afin de préparer votre enquête, une chambre vous attend aux Étages. »
Crazod Mirmeck franchit la porte du bureau et se retrouva dans l’immense bibliothèque de la Grande Imprimerie. Il se dirigea, plus déterminé que jamais, vers le département des Renseignements.


